Néo-victorien : Ce que ce style cinématographique révèle de notre époque

Le néo-victorien, un courant esthétique qui réinterprète le XIXe siècle avec des éléments futuristes ou fantastiques. Aussi connu sous le nom de steampunk visuel, il ne s'agit pas simplement de corsets et de lunettes en cuivre. C'est une manière de regarder notre monde à travers le miroir déformant d'une époque où la machine était à la fois magie et menace. Ce style ne date pas des années 1850 — il naît dans les années 1980, avec des romans et des films qui se demandaient : et si la révolution industrielle n'avait pas fini ? Et si les engins à vapeur avaient continué à évoluer jusqu'à nos jours ?

Le cinéma néo-victorien, une esthétique qui mélange l'élégance du passé avec des technologies imaginaires est partout, même quand on ne le voit pas. Dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, les rues de Montmartre ont quelque chose de ce romantisme mécanique. Dans Les Aventures de Tintin, les machines en cuivre et les dirigeables ne sont pas des décorations — ce sont des symboles d'un monde où l'humain tente de maîtriser la nature sans perdre son âme. Ce n'est pas un retour en arrière, c'est une critique du progrès. Les costumes, les décors, les lumières — tout est conçu pour nous rappeler que la technologie n'est jamais neutre. Elle révèle nos peurs, nos désirs, nos inégalités.

Le steampunk, une sous-catégorie du néo-victorien qui place la vapeur et l'ingénierie artisanale au cœur de son univers est souvent confondu avec le néo-victorien, mais il va plus loin. Alors que le néo-victorien peut être juste élégant, le steampunk est bruyant, rouillé, vivant. Il fait de l'erreur un art. Des lentilles en verre soufflé, des clés à molette comme bijoux, des horloges qui ne marquent pas l'heure mais le destin — tout est pensé pour dire : on peut créer de la beauté même dans la rouille. C'est ce que les films de cette esthétique nous montrent : la grandeur ne vient pas de la perfection, mais de l'effort, de la réinvention, de la résistance.

Vous trouverez ici des analyses de films et de séries qui utilisent cette esthétique pour parler de pouvoir, de genre, de classe. Des décors où les ouvriers se battent contre des machines trop grandes. Des héroïnes qui portent des corsets... mais qui pilotent des dirigeables. Des scientifiques fous qui croient encore qu'on peut réparer le monde avec des engrenages. Ce n'est pas du décor. C'est une philosophie. Et si vous avez déjà vu un film où l'industrie ressemble à une cathédrale de cuivre, vous avez déjà vécu le néo-victorien. Ce n'est pas un style de mode. C'est un miroir.

Par Gaspard Duval, 4 déc., 2025 / Cinéma et Culture

Poor Things : La conception de production entre néo-victorien et humour noir

Poor Things mêle néo-victorien et humour noir dans une conception de production unique, où chaque décor, costume et objet raconte une histoire de liberté, de folie et de révolte. Un chef-d'œuvre visuel qui défie les normes du cinéma.