Yorgos Lanthimos : le cinéma décalé qui bouleverse les règles

Quand on parle de Yorgos Lanthimos, un réalisateur grec dont les films mélangent l’absurde, le tragique et l’humour glacé. Il ne fait pas des films pour divertir : il les fait pour déranger, questionner, et vous laisser sans mot après les génériques. Ce n’est pas un cinéaste comme les autres. Il ne suit aucune règle. Pas de musique émotionnelle pour vous guider. Pas de personnages bienveillants. Pas même de réponses claires. Juste des gens qui parlent comme des robots, agissent comme des enfants, et vivent dans des mondes où tout semble normal… jusqu’au moment où ça ne l’est plus.

Le cinéma de Yorgos Lanthimos est une expérience. Il utilise des récits absurdes pour parler de choses profondes : l’amour, le pouvoir, la solitude, la pression sociale. Dans The Lobster, les gens seuls sont obligés de trouver un partenaire en 45 jours, sinon ils deviennent un animal. Dans The Killing of a Sacred Deer, un médecin doit choisir entre la vie de sa famille et celle d’un adolescent qu’il a aidé. Ce n’est pas du fantastique. C’est une distorsion du réel, comme si quelqu’un avait pris votre quotidien, l’avait mis dans un miroir déformant, et vous avait demandé : "Tu reconnais ça ?"

Il ne travaille pas avec des stars classiques. Il préfère des acteurs capables de dire des phrases horribles avec un sourire neutre. Colin Farrell, Olivia Colman, Emma Stone — ils ne jouent pas. Ils se laissent happer par l’univers de Lanthimos. Et ça marche. Parce que leur incapacité à réagir normalement, c’est exactement ce que nous ressentons tous, parfois, dans la vie réelle. Son style, c’est l’cinéma contemporain qui ose ne pas expliquer. Il ne cherche pas votre approbation. Il veut juste que vous le regardiez, sans filtre.

Vous trouverez ici des analyses de ses films, des décryptages de ses méthodes, et des regards sur les acteurs qui ont osé travailler avec lui. Pas de flatterie. Pas de résumés superficiels. Juste des textes qui tentent de comprendre pourquoi, après avoir vu Poor Things ou Dogtooth, vous ne pouvez plus regarder une famille normale sans vous demander ce qu’elle cache.

Par Gaspard Duval, 4 déc., 2025 / Cinéma et Culture

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